Chapitre III
Les six points, spécialement exigés, relatifs à la conduite, sont donnés par le Maître :
I. La maîtrise de soi quant au mental ;
II. La maîtrise de soi dans l'action ;
III. La tolérance ;
IV. Le contentement ;
V. L'unité de direction vers le but (*) ;
VI. La confiance.
* One-pointedness, qui n'a pas d'équivalent littéral en français, peut aussi signifier : Fixité de l'esprit
(N.du T.).
(Je sais que quelques-uns de ces points sont souvent traduits différemment, comme aussi les noms
des qualités requises ; mais je me sers toujours des noms que le Maître a employés Lui-même quand
il les a expliqués).
1. La Maîtrise de soi quant au mental.
La qualité requise du détachement montre que
le corps astral doit être dominé : ce premier
point en exige autant pour le corps mental. Il
signifie : maîtriser le caractère de manière à ne
pouvoir ressentir ni colère ni impatience ;
maîtriser le mental lui-même de telle sorte que
la pensée soit toujours calme et sereine ; et,
par le mental, maîtriser les nerfs pour qu'ils
soient le moins irritables possible. Ce dernier
point est difficile à atteindre ; car pendant que
tu essayes de te préparer pour le Sentier, tu ne
peux empêcher ton corps de devenir plus
sensitif, en sorte que tes nerfs sont facilement
ébranlés par un son ou par un choc et qu'ils
ressentent d'une manière aiguë la plus légère
atteinte. Mais il faut faire de ton mieux.
Le mental paisible implique aussi le courage
qui permet d'affronter sans crainte les
épreuves et les difficultés du Sentier, la
fermeté qui fait supporter facilement les ennuis
de chaque jour et éviter les continuels soucis
au sujet des petites choses qui absorbent la
plus grande partie du temps de beaucoup de
gens. Le Maître enseigne que l'homme doit
considérer comme n'ayant aucune importance
ce qui lui vient de l'extérieur : tristesses, difficultés,
maladies, pertes ; il faut envisager
toutes ces choses comme n'étant rien, et ne
pas leur permettre d'affecter le calme du
mental. Elles sont le résultat d'actions
antérieures et doivent être supportées
joyeusement quand elles surviennent, car il
faut te souvenir que tout est transitoire et que
tu as le devoir de toujours rester joyeux et
serein. Ces choses appartiennent à tes vies
passées, non point à celle-ci ; tu n'y peux rien
changer. il est donc inutile de t'en préoccuper.
Songe plutôt aux actes du présent qui
préparent les événements de ta vie prochaine,
car ceux-là, tu peux les changer.
Ne te laisse jamais aller à la tristesse, ni au
découragement. Le découragement est
mauvais parce qu'il contamine les autres et
leur rend la vie plus difficile, ce que tu n'as pas
le droit de faire. Il faut donc le repousser loin
de toi chaque fois que tu le sens venir. Il faut
dominer ta pensée d'une autre façon encore :
ne lui permets pas d'être flottante. Quelque
chose que tu fasses, il faut y fixer ton esprit
pour la faire en perfection. Que ton mental ne
reste pas oisif ; aie toujours en réserve de
bonnes pensées, prêtes à s'avancer au
moment où il est inoccupé. Emploie journellement
ton énergie mentale à de bons
desseins ; sois une force orientée vers
l'évolution. Pense chaque jour à une personne
que tu sais en proie au chagrin, ou à la
souffrance, ou ayant besoin d'aide et répands
sur elle des pensées d'amour.
Garde ta pensée de l'orgueil, car l'orgueil vient
toujours de l'ignorance. L'homme qui n'a pas la
connaissance s'imagine qu'il est grand, qu'il
est l'auteur de telle grande action ; l'homme
sage sait que Dieu seul est grand et que toute
bonne oeuvre est l’oeuvre de Dieu seul. 2. La Maîtrise de soi dans l'action.
Quand ta pensée sera ce qu'elle doit être, tu
agiras sans difficulté. Mais souviens-toi que
pour rendre service à l'humanité la pensée doit
se traduire en acte. Point de paresse, mais
une activité constante dans le travail utile. Fais
ce qui est ton devoir propre et non celui d'un
autre, si ce n'est avec la permission de celui-ci
et dans l'intention de l'aider. Laisse tout
homme accomplir son oeuvre à sa façon ; sois
toujours prêt à venir en aide, s'il le faut, mais
ne t'ingère jamais dans les affaires d'autrui.
Pour bien des gens, la chose la plus difficile au
monde est d'apprendre à s'occuper de leurs
propres affaires, or c'est précisément là ce que
tu dois faire.
Parce que tu essaies d'entreprendre un travail
d'ordre supérieur, il ne faut pas, pour cela,
négliger tes devoirs courants, car tant que
ceux-ci ne sont pas remplis tu n'es pas libre
pour un autre service. N'assume pas de nouveaux
devoirs envers le monde, mais ceux
dont tu t'es chargé, accomplis-les parfaitement
: je veux parler des devoirs définis et
raisonnables que tu reconnais toi-même
comme tels, et non pas des devoirs
imaginaires que d'autres essaient de t'imposer.
Pour pouvoir, un jour, appartenir au Maître, il
faut faire le travail courant mieux que ne le font
les autres et non plus mal ; parce que cela
aussi doit être fait au nom du Maître.
3. La tolérance.
Aie des sentiments de parfaite tolérance pour
tous les hommes et porte un intérêt aussi
sincère aux croyances religieuses des autres
qu'aux tiennes. Car leur religion, aussi bien
que la tienne, est un Sentier qui mène au
Suprême. Et pour venir en aide à tous il faut
comprendre /ouf.
Mais pour atteindre à une parfaite tolérance il
faut d'abord t'affranchir tant de la bigoterie que
de la superstition. Il faut apprendre qu'il n'y a
pas de cérémonies indispensables ; sinon tu te
croirais meilleur, en quelque sorte, que ceux
qui ne les pratiquent pas. Il ne faut cependant
pas condamner ceux qui s'attachent encore
aux cérémonies. Qu'ils fassent ce qu'ils
veulent ; seulement qu'eux aussi te laissent
libre, toi qui sais la vérité : il ne faut pas qu'ils
cherchent à te ramener de force à ce point que
tu as
dépassé. Sois indulgent et bienveillant en
toutes choses.
Maintenant que tes yeux sont ouverts,
quelques-unes de tes anciennes croyances, de
tes anciennes cérémonies peuvent te sembler
absurdes ; peut-être le sont-elles en effet.
Néanmoins, "quoique tu ne puisses plus y
participer, respecte-les pour l'amour de ces
bonnes âmes qui y attachent encore tant
d'importance. Ces cérémonies ont leur place,
leur utilité ; elles sont comme ces doubles
traits qui t'aidaient, enfant, à écrire en lignes
droites également espacées, jusqu'au moment
où tu as appris à écrire bien mieux et plus
facilement sans leur secours. Il y eut un temps
où tu en avais besoin, mais à présent ce temps
est passé.
Un grand Instructeur écrivit un jour : « Quand
j'étais un enfant, je parlais comme un
enfant, je pensais comme un enfant, je
raisonnais comme un enfant ; mais quand
je suis devenu un homme, j'ai laissé là les
façons de l'enfant ». Toutefois celui qui a
oublié son enfance et perdu toute sympathie
pour les enfants ne pourra les instruire et les
aider. Regarde donc tous les hommes avec
bonté, douceur et tolérance, mais regarde-les
tous de même, qu'ils soient Bouddhistes ou
Hindous, Djaïnistes ou Juifs, Chrétiens ou
Mahométans.
4. Le Contentement.
II faut supporter joyeusement ton karma quel
qu'il soit, et accepter la souffrance comme un
honneur, parce qu'elle prouve que les
Seigneurs du Karma te trouvent digne d'aider.
Si dur qu'il puisse être, sois reconnaissant de
ce qu'il ne l'est pas davantage. Souviens-toi
que tu es de peu d'utilité au Maître tant que ton
mauvais karma n'est pas épuisé et que tu n'es
pas libéré. En t'offrant à Lui, tu as demandé
que ton karma soit précipité, de sorte que tu
épuises en une ou deux vies ce qui,
autrement, en aurait demandé une centaine.
Mais pour en tirer le meilleur parti, il faut le
supporter avec joie et contentement.
Un autre point encore : il faut renoncer à tout
sentiment de possession. Il se peut que Karma
t'enlève les choses auxquelles tu tiens le
11
plus..., peut-être même les personnes que tu
aimes le mieux : même alors tu dois être prêt à
te séparer avec joie de n'importe quoi et de
n'importe qui. Souvent le Maître a besoin de
transmettre sa force à d'autres par l'intermédiaire
de son serviteur ; II ne le peut faire si
le serviteur cède au découragement. Ainsi le
contentement est de règle.
5. Unité de direction vers le but.
La seule chose que tu dois avoir en vue, c'est
de faire l'oeuvre du Maître ; quelque autre
tâche qui puisse se présenter à toi, celle-là du
moins, ne doit jamais être oubliée. En réalité,
rien d'autre ne saurait se présenter, car toute
oeuvre utile et désintéressée est I'oeuvre du
Maître, et tu dois la faire pour lui.
Il faut porter toute ton attention sur chaque
partie de ton travail afin de le faire de ton
mieux. Le même Instructeur a écrit aussi : «
Quoi que vous fassiez, faites-le de bon
coeur, comme pour le Seigneur et- non pour
les hommes». Demande-toi comment tu ferais
un travail, si tu savais que le Maître allait venir
le voir : c'est avec cette pensée qu'il faut faire
tout ton travail. Les plus sages comprendront
le mieux toute la signification de ce verset. En
voici un autre semblable, mais bien plus
ancien :
« Quoi que ta main fasse, fais-le de tout ton
pouvoir ».
L'unité de direction vers le but, cela veut dire
aussi que rien ne doit jamais te détourner, ne
fût-ce que pour un instant, du Sentier où tu es
entré. Ni les tentations, ni les plaisirs du
monde, ni même les affections terrestres ne
doivent t'égarer. Car il faut que tu ne fasses
qu'un avec le Sentier ; il faut qu'il soit, à ce
point, ta propre nature, que tu y marches sans
avoir besoin d'y penser et sans qu'il te soit
possible de t'en écarter. Toi, la Monade, tu en
as décidé ainsi : te séparer du Sentier serait te
séparer de toi-même.
6. La Confiance.
II faut que tu aies confiance en ton Maître ; il
faut que tu aies confiance en toi-même. Si tu
as vu le Maître, tu auras en lui une confiance
absolue, au cours de bien des vies et de bien
des morts. Si tu ne l'as pas encore vu, tu dois
essayer néanmoins de t'en faire une idée et
d'avoir confiance en Lui, sans quoi même Lui
ne peut t’aider. Sans confiance parfaite, il ne
peut y avoir parfaite effusion d'amour et de
force.
Il faut avoir confiance en toi. Tu dis que tu te
connais trop bien pour cela ? Si c'est là ton
sentiment, tu ne te connais pas ; tu connais
seulement ton enveloppe extérieure qui
souvent a été souillée de boue. Mais toi — le
toi réel — tu es une étincelle de la Flamme
divine, et Dieu qui est tout-puissant, habite en
toi ; et pour cette raison, il n'y a rien que tu ne
puisses faire, si tu en as la volonté. Dis-toi :
« Ce que l'homme a fait, l'homme peut le
faire. Je suis un homme, mais je suis aussi
le Dieu qui est dans l'homme ; je puis faire
telle chose et je veux la faire».
Car ta volonté doit être comme de l'acier
trempé si tu veux entrer dans le Sentier.

Commentaires
Enregistrer un commentaire